Paroles : Thierry Lolon — Musique : Papapla
Floride
Dans un motel mauve
des corridors
des chambres comme des boîtes
en série
seul horizon
ronds-points
télévision
supermarchés
télévision.
La canicule fait du surplace
au ciel
les hélicoptères tournent
les vacances vont être longues
passer le temps
que faire ?
traîner avec les potes
que faire ?
Cracher sur les voitures
manger des glaces
se doucher sous l’orage
manger des glaces
mater les seins de la vieille d’en face
manger des glaces
foutre le feu
manger des glaces.
Tirer les rideaux
pour faire de l’ombre
regarder le télé-achat
en mangeant des pizzas
passer à côté de l’enfance
pendant que maman rame
passer à côté de l’enfance
pendant que papa cuve.
Les gaz du trafic
sur la rocade
les tours du motel
comme celles d’un château fort
passer le temps
que faire ?
traîner avec les potes
que faire ?
Cracher sur les voitures
manger des glaces
se doucher sous l’orage
manger des glaces
mater les seins de la vieille d’en face
manger des glaces
foutre le feu
manger des glaces.
Un sanglot
Un sanglot
l’organiste plaque
des accords apaisants.
Un sanglot
la voix linéaire
pèse sur mes paupières.
Un sanglot
le vent s’invite
s’immisce, glacial.
Un sanglot
les bancs en bois craquent
sous les poids.
Un papillon vole
puis se colle
aux vitraux
c’est bizarre
on est en janvier.
Une abeille slalome
entre les piliers
c’est bizarre.
On est en janvier
on est en janvier
on est en janvier
on est en janvier.
Un sanglot
s’asseoir, se lever
sans trop savoir.
Un sanglot
une mousse verdâtre
parasite le granit.
Un sanglot
dans l’allée centrale
on s’engage, rendre hommage.
Un sanglot
tiens, la cloche sonne
il est onze heures.
Un papillon vole
puis se colle
aux vitraux
c’est bizarre
on est en janvier.
Une abeille slalome
entre les piliers
c’est bizarre.
On est en janvier
on est en janvier
on est en janvier
on est en janvier.
On opine du chef
Dans l’espace infini
des réseaux j’erre
je me perds
mes pouces au travail
effleurent la douceur de l’écran
balayant latéralement
la surface verticalement
mes doigts
mes empreintes
laissent des traces.
On opine du chef
on signe les yeux grands fermés
on opine du chef.
On opine du chef
on signe les yeux grands fermés
on opine du chef.
De cet espace inouï
j’ai des clefs
j’ouvre des portes
je souscris sans conditions
aux conditions générales
les motos
sur lesquelles je clique
les panneaux
prouvent que je ne suis pas
un robot.
On opine du chef
on signe les yeux grands fermés
on opine du chef.
On opine du chef
on signe les yeux grands fermés
on opine du chef.
Je souscris sans conditions
aux conditions générales
je souscris.
Posidonies
Les posidonies
onduleront au ralenti
du fond on verra la surface
convexe de la mer.
Plongeur en apesanteur
au-dessus d’un désert
de dunes blanches
aux formes parfaites.
Quelques colonnes
de bulles d’oxygène
troubleront à peine
le calme amniotique.
Nous nagerons tranquilles
au-dessus des forêts
des falaises
des parfums engloutis.
Nous nagerons tranquilles
au-dessus des forêts
des déserts
des parpaings engloutis.
Nous nagerons tranquilles
au-dessus des forêts
des falaises
des parfums engloutis.
Nous nagerons tranquilles
au-dessus des falaises
des déserts
des parpaings engloutis.
Nous nagerons tranquilles
au-dessus des forêts
des fougères
des parfums engloutis.
Nous nagerons tranquilles
nous nagerons tranquilles
nous nagerons tranquilles.
Relâche
Relâche, relâche
ce soir, c’est relâche
encore une semaine dans les pattes
plein le dos.
C’est bon de se poser
de se laisser aller
de laisser couler
dans la gorge.
Ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme
ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme.
Relâche, relâche
le soir, c’est relâche
encore une journée dans les pattes
plein le dos.
Dénouer les trapèzes
desserrer la mâchoire
laisser couler
dans la gorge.
Ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme
ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme.
Relâche, relâche
le soir, c’est relâche
faire passer la pilule
faire danser les couleuvres.
Le corps délié
que la peur s’évapore
que le vide se remplisse
suis-je moi ou suis-je un autre ?
Ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme
ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme.
Ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme
ça réchauffe le cœur
ça réchauffe l’âme.
Rapide et furieux
Ils défient la pesanteur
dans leurs bolides rugissants
muscles tendus
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
Grosses cylindrées
pyrotechnie
humanité augmentée
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
Corps intraitables
testostérone
cuirasses de chair cuivrée
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
HD / 3D / 4K
épilepsie
découpage syncopé
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
Voitures dans le ciel
décollant des gratte-ciels
fonçant vers le soleil
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
Ils défient la pesanteur
dans leurs bolides rugissants
muscles tendus
ils étaient rapides et furieux
1 et 2.
La vague
Loin du chaos du monde
ici rien ne change
l’océan
la citadelle
les goélands.
Lèvres gercées, salées
ils guettent, ils attendent
dans l’eau glacée
l’instant décisif
dans l’eau glacée
l’instant décisif.
En un éclair
se lever
le monde est une vague
à chevaucher
et à dompter.
Plus rien ne compte
refaire, recommencer
recommencer
ne faire plus qu’un
avec la vague
ne faire plus qu’un
avec la vague.
Loin du tonnerre du monde
qui gronde
et s’approche
lentement, lentement
sûrement, lentement
sûrement, lentement.
Poison
Des tatouages colorés
une suite de mots tracés
c’est écrit sur son bras
c’est écrit dans sa peau
dans sa peau
c’est écrit dans sa peau.
Ma mère est un poison
ma mère est un poison.
C’est écrit sur son bras
c’est écrit dans sa peau.
Ici pas de non-dits
pas de saletés enfouies.
Elle annonce la couleur
elle le montre, revendique
revendique
elle le montre, revendique.
Ma mère est un poison
ma mère est un poison.
C’est écrit sur son bras
c’est écrit dans sa peau.
Qu’est-il donc advenu
pour en arriver là ?
On doit lui demander
va-t-elle le regretter ?
regretter ?
va-t-elle le regretter ?
Ma mère est un poison
ma mère est un poison.
C’est écrit sur son bras
c’est écrit dans sa peau.
Ma mère est un poison
ma mère est un poison.
Racontez-nous
Racontez-nous
dites-nous tout
quelle est votre expérience ?
Vous avez tant d’importance
à nos yeux.
Votre avis compte beaucoup
pour nous
sommes-nous à la hauteur ?
Ce qui nous tient à cœur ?
Être meilleur.
Être meilleur
c’est ce qui nous tient à cœur
être meilleur
c’est ce qui nous tient à cœur.
Être meilleur
c’est ce qui nous tient à cœur
être meilleur
c’est ce qui nous tient à cœur.
Répondez s’il vous plaît
ça prendra peu de temps
êtes-vous satisfait
un peu, beaucoup, pas du tout ?
Sensibles à vos attentes
vous nous manquez déjà
répondre à vos envies
assouvir vos désirs.
Répondre à vos envies
assouvir vos désirs
répondre à vos envies
assouvir vos désirs.
Les oiseaux de mauvais augure
Elle me dit
les jours de gloire sont passés
que je suis sur la pente descendante.
Passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure
passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure.
Il nous souhaite
bon courage et précise
qu’on va sûrement en baver.
Passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure
passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure.
Elle m’en dresse
un portrait lamentable
elle affirme : « rien de bon à en tirer ».
Passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure
passe ton chemin
je n’aime pas les oiseaux
de mauvais augure.
Moi je pense
que ça ne marchera pas
qu’on s’expose à un bide retentissant.
Alors je passe mon chemin
car je suis un oiseau
de mauvais augure
je passe mon chemin
car je suis un oiseau
de mauvais augure.
Je passe mon chemin
je passe mon chemin.
Crédits
Merci à Cédric Martigny pour les photos, Anne-Claire Macé pour le prêt des masques, à Sophie, Laëtitia, Audrey et Juliette, à Clément Lemennicier et Geoffrey Boydens, à OFF\ON ! et La Fabrik.
Thierry Lolon : chant, guitare.
Martial Hardy : guitare, synthétiseur.
Oliver Schreiber : boîte à rythmes, claviers.
Stéphane Lecointe : basse.
Paroles : Thierry Lolon. Musique : Papapla.
℗ & © 2025 les disques Normal. Tous droits réservés.
Enregistré par Martial Hardy au home studio sweet home studio, à La Fabrik et au Bande Passante studio.
Mixé par Damien Tillaut.
Masterisé par Thomas Poli au Impersonal Freedom studio.
Photos : Cédric Martigny. Masques : Anne-Claire Macé.
Artwork : Oliver Schreiber.